Un projet plein d’espoir:
l’espace aride du Parc Paradisio.
Nous vous livrons ci-contre l’article de Denis Diagre, qui est paru dans la revue de Joël Lodé au printemps 2008.
Depuis lors, Paradisio s’appelle désormais Pairi Daiza et
l’espace cactus dont on parle a été entièrement remodelé.
Nouveau relief, nouveau substrat et plantes encore plus abondantes et mises en valeur font de cet espace la fierté de notre club.

Découvrez les photos de l’aménagement des sites via les liens ci-dessous.

PHOTOS
Le Parc Paradisio est bien connu en Belgique, et même ailleurs, si l’on en croit les statistiques : plus de 600.000 personnes l’ont visité en 2007. Il a ouvert ses portes en 1993 et n’a cessé de se développer depuis, ajoutant tous les ans au nombre des
DSCN2621.JPG
attractions qu’il propose (île aux lémuriens, aquarium géant, serre tropicale, serre à orchidées, grande volière, fauconnerie, jardin chinois etc.). « Labellisé » W.W.F., il œuvre également à la sensibilisation du public aux grandes questions écologiques de notre siècle débutant. Malgré tous ces succès, un de ses espaces thématiques souffrait, il y a peu encore, d’un manque de soins appropriés : la zone vouée aux plantes succulentes…
Cette collection de plantes grasses, héritée d’un célèbre professionnel belge, était un peu en perte de vitesse quand les administrateurs du club de succulentophilie Peyote (Bruxelles) prirent contact avec Eric Domb, le créateur et administrateur-délégué du parc. L’idée de l’association bruxelloise était simple : remettre la zone aride en parfait état, la rendre attrayante et en faire un lieu d’émerveillement, tout en distillant des
DSCN2623.jpg
connaissances élémentaires sur les cactus et autres groupes de plantes grasses.
Eric Domb, convaincu par le souffle désintéressé qui habitait l’équipe, a tenté le pari de lui faire confiance. C’est durant les derniers froids de mars 2006, donc, qu’une équipe de bénévoles commença à prendre les choses en main. Deux séances de lourds travaux ont permis le relancer la zone en question : léger re-design du site, ballet de brouettes de sable, de rochers, de galets, de terreau, plantation de sujets floribonds et variés dans les formes, issus de nos propres serres (dons du club au parc), nettoyage, tuteurage et taille des grands cierges, arrosage (bien utile),  massacres de vermines (à la main, sans aucun produit phytosanitaire, pour ne pas empoisonner les myriades d’oiseaux
DSCN4212.JPG
qui occupent librement la grande serre), pose de panneaux didactiques ou présentant les activités du club etc. Ensuite, presque toutes les semaines, des membres de notre association sont passés vérifier l’état de l’espace restauré.
Durant l’hiver 2007, toute l’équipe est revenue sur le terrain, pour remettre tout en parfait état avant la réouverture du parc. Elle en a profité pour donner un nouveau cachet à la partie nord- (et méso-) américaine (Mammillaria, Echinocereus etc.), et pour changer les panneaux « évolution des Cactées » et de présentation de ce groupe botanique. La télévision nationale francophone a même fait l’honneur au club d’un reportage sur ses travaux, tout comme la presse écrite, d’ailleurs. Eric Domb, pour sa part, n’a pas manqué de nous faire savoir sa satisfaction devant les résultats du travail accompli. Que dira-t-il quand il verra les floraisons des nouveaux Echinopsis ? Que pensera-t-il des Epiphyllum et Selenicereus en fleur ? On le devine…
Le Parc Paradisio, grâce à la sagacité de sa direction, s’est ainsi offert une véritable gestion d’un espace dont le présent et l’avenir étaient sombres. De surcroît, avec la pose de panneaux didactiques, il honore sa fonction de sensibilisation à la protection des espèces menacées. Le club de succulentophilie Peyote, mû par ce même souci et
DSCN4239.JPG
habité par une énergie désintéressée, a également fourni une expression tangible de la confraternité qui soude ses membres, unis dans un projet de vulgarisation du savoir. Il s’ingénie, aujourd’hui encore, à démontrer au grand public ce qu’une plante grasse – fût-elle touffue d’épines menaçantes – peut rendre à celui qui sait la cultiver. Notre petite société connaîtra-t-elle, conséquemment, une explosion du nombre de ses membres ? Rien ne l’indique, à ce jour… mais un projet commun, mené à bien dans un esprit positif ne vaut-il pas mieux qu’un déferlement de nouveaux adhérants ? Chez nous, au Peyote, la question ne se pose même plus.

Denis Diagre
R.P. du Peyote (Bruxelles)
Assistant au Jardin botanique national de Belgique
DSCN4863.JPG
_IGP7755.jpg
Des espaces aménagés en hauteur ont permis de faire des plantations
d’épiphytes qui s’épanouissent en cascade de fleurs.
DSCN4245.JPG
Monsieur Domb en conversation avec Denis Diagre,initiateur du projet.