En visite chez notre ami 
Pierre Lejeune
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Nul n’est besoin de vous présenter Pierre. Sa bonne humeur et son enthousiasme communicatifs font fureur à chacune de nos réunions.
C’est ainsi que j’ai eu plusieurs fois la possibilité de visiter son antre.
“on n’est jamais mieux servi que par soi-même.”
Son antre car Pierre est un véritable alchimiste dans la préparation de ses semis et de ses boutures. Chez lui, rien n’est laissé au hasard, ce qui lui permet de cultiver des plantes difficiles et à croissance très lente, telles que les Turbinicarpus, les Ariocarpus et Epithelantha. Cela ne l’empêche pas de cultiver des cactus plus courants tels que Lobivia, Rebutia…
Son expérience de plusieurs années de culture lui ont ainsi appris quelques enseignements que je vais tenter de vous dévoiler.

Piquant: Quelle est la période idéale durant laquelle tu envisages tes semis?
Pierre: Je sème très tôt dans l’année, février et mars ce qui permet d’avoir des plantes mieux développées à l’entrée de l’hiver. Mais il m’arrive de semer un peu à toute les époques, dès qu’un pot se libère, car mon matériel me le permet.

Quel est le matériel dont tu disposes?
Je possède deux plateaux chauffants reliés à un thermostat qui assurent une température constante de 28° Celsius et d’un éclairage qui fonctionne environ 16 heures par jour. Il s’agit à présent d’un éclairage Groslux. J’ai appris via internet qu’un éclairage, composé de deux tubes lumière du jour de couleur blanche, un de type chaud et l’autre de type froid, fonctionnait aussi très bien. J’attends que mon éclairage actuel soit défaillant pour essayer!

Ce matériel est-il indispensable?
Oui si on veut un pourcentage de réussite optimal car les plantes mexicaines que je cultive ont une croissance très lente et donc il est nécessaire de les maintenir à une température constante, ce qui permet des périodes de sécheresse et d’arrosage plus fréquentes, car à l’entrée de l’hiver les plantes sont encore fragiles et si on ne procède pas ainsi on a beaucoup de perte, jusqu’à 70%.

Dans quoi fais-tu tes semis?
Je me procure, via la revue Succulentes du club français AIAPS, des pots carrés de 4,5 cm. Cette dimension permet d’avoir par bac 24 petits pots x 2 = 48 x 2 plateaux chauffants = 96 espèces cultivables avec 25 graines par pots carrés… faites l’addition!

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tourbe tamisée. Le mélange est stérilisé en le cuisant deux heures au four à la température de 180°. Pour les plantes calcaires, telles que les Epythelantha, Ariocarpus, … j’utilise un terreau composé de 1/3 de terreau ASEF, 1/3 de gravillons calcaire d’environ 2 mm avec 1/3 de tourbe tamisée. Le tout est également stérilisé à 180° durant deux heures.

Comment procèdes-tu par la suite?
Je mets d’abord une couche de gravillons dans le fond du pot, j’y ajoute mon terreau que je tasse légèrement, j’y dépose mes graines que je recouvre d’un sable de quartz d’environ 1mm d’épaisseur pour empêcher la formation d’algues ou de mousses. J’arrose avec de l’eau qui a été préalablement bouillie puis refroidie.

Pourquoi fais-tu bouillir ton eau d’arrosage?
Pour empêcher la formation de micro-organismes et d’algues. Mais au fait je stérilise aussi mes graines, c'est-à-dire que je les trempe dans un fongicide genre chinosol, je les sèche sur un essuie-tout et je nettoie la saleté et les traces de fruits qui peuvent rester car elles développent des champignons et c’est pour cela que nous avons de la mousse dans les semis. Ensuite j’emballe le pot dans un petit sac plastique. Ce petit sac contiendra le pot juqu’à la levée des graines.

Quel est le rôle du sac plastique?
Celui-ci assure un taux d’humidité constant et évite de devoir arroser le semis ce qui est toujours un
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risque tant les graines sont minuscules. Une fois que la levée est là, je l’enlève. Certains le laissent plus longtemps, moi je ne préfère pas.

Quelle est la durée de la levée de la graine?
Cela dépend de la fraîcheur de la graine. Plus la graine est fraîche plus la levée est
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rapide. Toutefois certaines espèces sont très lentes comme les opuntia qui vont prendre 6 à 7 voire même 8 mois avant de germer tellement l’écorce des graines est solide.

Comment conserves-tu tes graines?
Toutes mes graines sont conservées au frigo à 6, 7°, dans des petits pots avec du silicate  pour que les graines restent bien sèches.
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Lors du repiquage, j’utilise un autre terreau de composition plus poreuse du fait que les petites plantes sont déjà un peu plus âgées. Deux parts de terreaux tamisés, trois parts d’argile en perle et trois parts de petits graviers calcaires si ce sont des mexicains donc des plantes calcicoles, ou alors avec du gravier normal genre quartz pour
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les plantes courantes dans le genre Lobivia, Rebutia, Sulcorebutia. Le principe est d’avoir un terreau qui sèche très vite.

Après combien de temps obtiens-tu un cactus?
Cela dépend toujours de la variété, mais après deux à trois ans, j’obtiens une plante qui va dans un pot de 5 cm que je mets soit en vente à la Bourse des Plantes ou que j’échange. Cela prend du temps mais je suis partisan des plantes sur propre racine car elles sont franchement plus belles et plus valorisantes.
Il m’arrive cependant de greffer de manière à obtenir mes propres graines. Je greffe alors sur Pereskiopsis qui me donnera en quelques mois une plante que je peux greffer sur Echinopsis qui lui me donnera après un an ou deux une plante qui fleurit. On peut alors croiser deux plantes qui nous donneront des graines bon marché et bien fraîches … et le cycle recommence.

Cet article est paru dans la revue Piquant d’Octobre 2002
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Utilises-tu un substrat spécial ?
Tout le monde à ses petites recettes de fabrication pour son terreau. L’une n’est pas nécessairement meilleure que l’autre et dépend de la valeur qu’on lui attribue. Je me base sur des compositions publiées dans la revue Succulentes de février 1996.
Pour les espèces courantes tels que Rebutia, Sulcorebutia… j’emploie un terreau composé de 1/3 de terreau ASEF tamisé, 1/3 de gravillons japonais 4-6mm et 1/3 de
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Les cactus, un virus qui se communique. Pierre en pleine discussion avec Annick .
Un bon éclairage, un plateau chauffant, des graines fraîches et beaucoup de patience sont les ingrédients nécessaires à l’amateur qui désire réussir ses semis.
L’étiquettage minutieux et daté permet de suivre pas à pas l’évolution des sujets.

Vu que tu stérilises ton terreau et que l’eau est bouillie, fais-tu un apport d’engrais dans ton semis?
Pas tout de suite. Les graines possèdent une réserve qui leur permet de survivre après la levée. Une fois que j’enlève le sac plastique, je leur donne un engrais que j’achète chez les Frères De Herdt.

A quelle dose leur donnes-tu cet engrais?
A très faible dose, la moitié de ce qui est préconisé. Mieux vaut en mettre peu mais souvent, en donner de trop risque de brûler les racines. De plus, au premier arrosage je leur donne aussi un peu de fongicide pour de nouveau empêcher la formation des mousses.

Par la suite quels soins apportes-tu régulièrement?
J’assure de la lumière pendant 16 heures et une température constante de 28°. J’attends le séchage complet du terreau avant l’arrosage suivant. Et en alternance je fais un cycle séchage complet puis arrosage. De temps en temps je pulvérise avec un insecticide contre la mouche bien connue des semis, avec un fongicide contre la fonte des semis et de temps en temps avec de l’engrais faiblement dosé.

Après combien de temps repiques-tu les plantules?
J’attends d’avoir une petite plante de 6 à 7 mm. Si la variété est très lente à pousser, genre Ariocarpus, je repique dans des petites terrines ou alors pour des variétés plus rapides dans des petites boîtes à  pellicule photographique que je troue pour permettre l’évacuation de l’humidité.